Picvert – 071220

 

Brouillard doux et glacé

la bulle de ouate du monde visible

forme un cocon de beauté froide

dont les parois semblent palpables.

Un lointain soleil en coulisse émaille le grain poreux de la brume.

Heure blanche, un chemin serpente en forêt intérieure

explorant la multitude de mouvements,

vie, mère, forêt de la vie, époustouflante amie

celle que je goûte, apprenant chaque fois,

au-delà de mes larmes, le vibrato des voix.

 

Au bord du chemin un picvert jaillit.

Son habit de lueurs silencieuses fusant dans la lumière feutrée,

il survole le treillis pour se poser

sur l’ombre à contre-jour

d’un vieil arbre penché.

Image microcosmique,

il dit, regarde, je fais ce que je dois, avec un bonheur naturel,

conviction et aisance,

je suis une vision de l’humble et du sublime

de l’infinie simplicité.

 

La nuit venue, tu viens poser ton visage

contre mon pubis et le lit,

brillant de rouge,

se met à flotter.

Au ciel le jour à venir lance des poignées

d’oiseaux égayés par le bonheur frivole

d’arriver en avance.

 

Aubades turbulentes des vents éparpillés,

ramenez-moi cet homme

qui ne sait rien promettre

ramenez-le vivant, de sable et de tempête,

dévêtu sous ses robes, chapeaux et colliers,

dépliez le tapis où viendra ruisseler

la plante de ses pieds, comme une mangue ouverte.

Aubes à peine conçues, fables aventureuses,

découvertes inouïes des mondes perméables

accouplez ma substance à vos subtiles poussières

en ce lieu inconnu où je m’apprête à naître.

 

 

 

Joëlle Soyer