En réponse à l’Hebdo 10 sur l’écriture, j’ai reçu ce joli retour de Alex :

« Et bien pour moi, l’écriture représente le premier jour de la semaine. Tous ces lundis, fin de journée, durant lesquels je m’occupais du service pendant l’atelier d’écriture. Tous ces lundis où j’attendais avec impatience le grand final de la séance. L’écriture était synonyme de la question « mais que vont ils tous encore inventer et rédiger autour de l’idée plus ou moins farfelue proposée par l’animateur ? ».Et enfin arrivait le moment de lecture et des tranches de rires ! »

 

Alors aujourd’hui, je vais, moi aussi, vous proposer une lecture de l’atelier d’écriture auquel j’ai pu participer. Je n’ai malheureusement pu venir qu’à un seul de ces ateliers.

 

C’est dans ce café, que je me suis retrouvée,

Assise parmi des inconnus ravis de me rencontrer,

A jouer avec les mots, à jongler avec les rimes,

Laissant s’envoler mes pensées pour qu’elles s’expriment.

Chacun était armé de sa plus jolie plume et de son plus beau parchemin,

Moi je n’avais qu’un crayon de bois et je me sentais gamin.

Le sujet a été annoncé, et tels les soldats au cri du cor,

Le crissement des mines de charbon sur le papier fut sonore.

Je me suis d’abord retrouvée face à cette page blanche,

Puis, d’un coup, les mots sont arrivés tel une avalanche.

Ma page a vite noirci, tantôt barrée, tantôt raturée.

Le gong de fin sonna une pause bien méritée.

Les poignets se détendaient, les têtes sortaient de leur transe.

Un homme prit la parole et lu son œuvre avec assurance.

Fin… les êtres réfléchissent, pensent, analysent ce qui vient de s’offrir à eux.

Les éloges se font… beaucoup. Les critiques se font… un peu.

Mon tour vient, le stress aussi. Je ne suis pas fière de mon écrit.

C’est la voix tremblante que je commence la lecture de mon manuscrit :

« Il est l’heure, Monseigneur.

Monseigneur, il est l’heure.

L’heure de s’ouvrir au monde, l’heure de s’ouvrir aux temps.

Le temps des passions, le temps des frissons, 

Le temps des horreurs, le temps des bonheurs.

Tant de temps tendent à être traversés.

Je vous invite alors, Monseigneur, à chevaucher l’ennui de l’homme et à le dompter. 

Surpasser cette aiguille qui de son cliquetis transforme les secondes en minutes et les minutes en heures. 

Je vous invite, Monseigneur, à passer outre le temps, à oublier ces minutes qui vous rapprochent de la mort. »

C’est ému que je lève et yeux, et rencontre ses regards admirateurs.

Leurs conseils et leurs discours ont fait s’envoler ma peur.

L’heure du départ est arrivée. Dans la bienséance, 

Chacun repart dans la hâte de la prochaine audience.