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Exerçons-nous avec Yemaya de Angélique Kidjo

lundi 19 janvier 2026, par Valère Déjo

Je ne connaissais rien d’Angélique Kidjo, et je suis tombé sur elle par l’afrobeat, dont m’avait parlé un jeune de Guinée, l’afrobeat c’est de l’afropop, sous cette rubrique se trouve Angélique Kidjo à la médiathèque de Saint-Étienne, et voilà comment se font les choses. Dans les bacs au moment où je suis passé il y avait son album Celia, je l’ai pris pour tester.

Dans cet "opus", puisque maintenant les albums s’appellent comme ça, je suis tombé sur Yemaya, un espèce de chant assez court, qui n’est même pas sur Youtube (étonnant). C’est un chant répétitif, enjoué, fort, j’imagine une sorte de cérémoniel, de cri, truc un peu volontariste, qui m’a paru très bien pour lancer des voix.

Et c’est ce qui s’est produit. Notre petit atelier a crié en chantant sur le morceau, alors pourtant que nous étions avec des... Bangladais. Mais Angélique Kidjo est Béninoise, ou Franco-Béninoise, elle fait de la musique africano-americano-de-partout, donc ça ne leur a rien dit de spécial, mais l’exercice les a bien branché.

Ça donne à peu près Yemaya hé ololo aoyo yemaya (10 ou 15 fois), sur un fond de tambourins. Puis, quelque chose du genre : bi ayè èceque biayè, bi ayè a poupa bi ayè ce qué lomidara ao yo yemaya, etc. J’aurais bien aimé qu’on aborde un parler incompréhensible mais dit hautement, mais j’ai eu peur de pas y arriver moi-même, ou que ce soit trop artificiel. De toutes façons rien que le début nous a donné un excellent modèle, et je crois que tout le monde était content de transformer l’appartement vide qui nous sert de salle en un truc où l’on crie.

Donc ça marche, malgré que personne ne soit vraiment concerné.

Ce qui m’étonne avec ces musiques de la migration, est que les vedettes sont loin d’être des pauvres gens perdus au milieu d’un champ... Angélique Kidjo habite New York, elle se produit à la cathédrale de Paris devant Macron, Trump, etc dans le genre, voir Notre-Dame de Paris : les images fortes du week-end de réouverture de la cathédrale. Elle chante la concorde et la rencontre des peuples... pour les puissants du monde, qui exploitent à qui mieux mieux migrantes et migrants. Je m’étonne. Et dans la culture et des artistes elle n’est pas la seule !... Nous sommes plein de contradictions... nous y réfléchirons. J’admets que sa musique est belle.

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