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Enquêtes sur les fonds spéculatifs

dimanche 8 mars 2026, par Valère Déjo

Il se passe à l’Assemblée Nationale des choses étonnantes : des partis antagonistes peuvent comporter des individus qui se mettent à travailler ensemble sur un sujet précis.

Ainsi, la Commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs : elle est dirigée par un député de la Loire, Emmanuel Mandon, élu de la circonscription de Saint-Chamond et Rive-de-Gier. Et sa rapportrice est Aurélie Trouvé, d’une circonscription de l’Aisne. Mais le premier est du centre droit, associé au parti d’Emmanuel Macron, tandis que la seconde fait partie de La France Insoumise, deux partis dont chacun ne cesse d’accuser l’autre du pire.

Les fonds spéculatifs ont la réputation de piller les entreprises, de les transformer en une somme d’argent, sans beaucoup d’égards pour leurs forces productives. Des financiers peuvent être bénéficiaires de ces opérations, moins souvent les ouvriers.

À Saint-Étienne, les fonds spéculatifs ont intensifié la chute de Casino [1]. L’entreprise sidérurgique Novasco, dans le quartier du Marais, a été ruinée par le fonds spéculatif britanique Greybull Capital, entrainant la perte de 37 emplois [2].

Mais ce n’est pas toujours le cas : à Savigneux, près de Montbrison, Clecim, une autre entreprise de sidérurgie, aurait été sauvée par le fonds spéculatif Mutares [3]. Apparemment, le sauvetage de Clecim tient du miracle, à tel point qu’Emmanuel Macron a envoyé une lettre de félicitation à Mutares et à Clecim, tant la chose est étonnante. La plupart du temps, ce fonds, comme tous les autres de sa catégorie, est plus proche du prédateur que de l’investisseur, et loin de l’entrepreneur.

Les fonds spéculatifs étant une des calamités du monde du travail, il arrive ainsi qu’Emmanuel Mandon, notre député centriste local, pour ses interrogations sur l’argent prédateur, ait les honneurs de la presse militante de gauche !... Comme l’article de Mediapart À l’Assemblée, la réalité alternative des dirigeants du fonds de retournement Mutares.

Comme quoi à quelque chose malheur est bon dans le monde de la finance.

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