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Le doute profite à l’expert

jeudi 30 avril 2026, par Valère Déjo

Au tribunal il n’est pas facile de suivre le déroulement d’un procès. Cela devient impossible lorsque la justice... s’auto-juge.

Dans une affaire, le rapport d’un expert judiciaire est mal rempli. Le président du tribunal tempête : il n’a jamais vu un rapport aussi mal fait. Difficile, pour moi, depuis le public, de comprendre pourquoi : ce serait un brouillon, écrit peut-être au crayon de papier, ou dans la marge d’un autre document, ou l’a-t-il signé d’une croix, raturé, ou tout ça à la fois, je n’ai pas su.

Devant pareil problème, cette pièce étant manifestement non conforme à la procédure, le président a proposé que la procureuse et l’avocat des prévenus donnent leur avis sur ce qu’il fallait faire. Apparemment, les deux étaient déjà au courant du problème. Les voilà qui se lancent dans de grandes rhétoriques avec les arguments les plus définitifs ; si c’était incompréhensible, c’est devenu un embrouillement total.

Mais le procès a continué.

Deux jeunes, gardés de près par... 6 policiers, se trouvaient dans le box des accusés. Que s’était-il passé ? Cela ressemblait à une affaire de drogue, vers Montbrison et ses environs. Revenu chez moi, il m’a semblé que cette affaire ressemblait à ce qui est décrit dans Trafic de stupéfiants démantelé : deux dealers interpellés près de Montbrison - TL7, Télévision loire 7 ; au moins, présenté par des journalistes professionnels, c’est un petit peu plus clair, mais je ne suis pas sûr que ça soit ça.

Président du tribunal, procureuse et avocat sont revenus à leur rôle classique de juger les prévenus et non de juger l’expert. De la drogue, des récidives, des tutelles renforcées ou très renforcées, complétées d’expertises psychiatriques alarmantes. Le président a examiné les faits, examiné la vie de ces jeunes, leur a donné la parole, a redonné la parole à la procureuse et à l’avocat.

Puis les juges se sont retirés pour établir leur verdict.

Selon ce que j’en ai compris, le jugement est remis au 5 juin, donc dans un mois et demi environ. Est ordonné une nouvelle expertise psychiatrique, sans doute pour résoudre le problème de procédure. D’ici là, les deux jeunes restent en détention provisoire ; ils resteront en prison le temps de savoir s’ils doivent recevoir des soins.

L’expert est sauvé, ouf.

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