Depuis plusieurs années quelques personnes se réunissent place Jean-Jaurès le vendredi pour soutenir la Palestine.

Ces personnes sont associées à un mouvement lancé par des Israéliennes, dites Femmes en noir de Jérusalem, qui s’étaient inspirées des Grand-mères de la Place de Mai en Argentine. Ces Femmes en noir sont devenues un mouvement international, présent à Saint-Étienne depuis plus de 20 ans : tous les vendredis se déroule leur rendez-vous en solidarité avec les Palestiniennes et les Palestiniens. Cette manifestation de soutien existe aussi à Lyon, elle a démarré dans notre région à Firminy, et elle est présente à Montbrison.
Leur présence suscite des réactions : en ce moment, les gens posent surtout des questions sur les "flottilles", ces bateaux qui traversent la Méditerranée depuis l’Europe. Ils dénoncent le génocide du peuple palestinien par Israël, et remettent en cause le blocus naval autour de Gaza [1].
Le groupe de Saint-Étienne ne s’est pas réuni en association et il n’a pas de local ; son local, c’est la manifestation, dehors, chaque vendredi. Les participantes décident à ce moment là ce qu’elles écriront sur leur pancarte pour la prochaine semaine. Chacun, chacune, de ce groupe, participe à d’autres engagements plus formalisés, comme l’Association France Palestine Solidarité [2], CCFD-Terre solidaire [3], et le réseau stéphanois en solidarité avec la Palestine.
Certaines militantes de Saint-Étienne ont manifesté à Jérusalem avec les Femmes en noir - qui comprennent aussi des hommes aujourd’hui.
Pour s’opposer à la violence des armes, les Palestiniennes et les mouvements de solidarité avec les Palestiniens développent tout un ensemble de signes de reconnaissance et d’expression. Ces signes se portent sur les vêtements, sur la peau, chez soi, partout, et se donnent ou s’échangent.
Ainsi, un bracelet sur lequel est dessiné une carte de la Palestine, que porte une manifestante ; ce bracelet lui a été offert par une journaliste de Gaza qui est venu récemment à Saint-Étienne. Ou alors un tee-shirt sur lequel est inscrit un signe de la Palestine.
Également se montre beaucoup le personnage de Handala, très populaire, créé vers 1969 par le caricaturiste palestinien Naji al-Ali, assassiné quelques années après par Israël [4].
Et c’est aussi par ces signes que le peuple palestinien survit dans le monde entier, et que se trouvent à Saint-Étienne des clefs des maisons de Gaza.
En effet, lorsqu’un Palestinien reçoit l’ordre de quitter sa maison par l’armée israélienne, il ferme sa maison à clef et emporte cette clef avec lui, espérant y revenir et retrouver sa maison. Mais l’armée israélienne la détruit, et ne reste que la clef. Et cette clef, et les clefs d’autres maisons palestiniennes, deviennent la marque permanente de leur existence encore présente malgré le génocide qui les oppresse. Ils, elles, exposent ses clefs, se les donnent, manifestant la vie qui est la leur, et les montrent partout.
Et grâce à ces signes Saint-Étienne porte une partie du soutien aux vies palestiniennes.
La Remuante