Si vous faites une collection, la boutique Collection 2000 est faite pour vous. Surtout des pièces de monnaie, des timbres, des cartes postales ou des petites voitures.
Elle existe à Saint-Étienne depuis les années 1970 dans la rue Francis Garnier, proche de la place Jean-Jaurès et du cinéma Le Mélies. Le gérant actuel conduit le magasin depuis une quinzaine d’années.
Le marché du timbre est sa plus grosse clientèle. Le gérant mène une diversification vers le marché de miniatures, comme la petite voiture, avec des marques comme Dinky Toys ou Majorette. Il vend aussi par le web, sur le site delcampe.net où il a une boutique en ligne, surtout de cartes postales.
Ce qui est fascinant avec le monde de la collection, c’est que très vite nous découvrons des mondes infinis.
Déjà il y a plein de personnalités différentes : une personne va collectionner par passion pour le style d’objet, par exemple les cartes postales ; une autre va collectionner pour retrouver ses souvenirs d’enfance, par exemple les petites voitures ; ou bien collectionner pour se frotter avec la grande histoire, par exemple avec les pièces de monnaie de l’empire romain.
Les pièces de monnaie, justement. Il n’y en a pas beaucoup de la grande histoire à Saint-Étienne. Notre ville n’existait ni à l’époque celte ni à l’époque romaine. À proximité de Saint-Étienne il n’existe que l’Oppidum d’Essalois, tenu par le peuple celte des Ségusiaves, où des pièces de monnaies ont été retrouvé, mais nous ne sommes pas sûr que ces Ségusiaves avaient leur propre monnaie [1].
Mais pour la petite histoire, à Saint-Étienne, c’est autre chose ! Il apparait que, entre les deux guerres, nombre de petits commerces, principalement des bars, mais aussi la Chambre de Commerce, ont frappé leur propre monnaie de nécessité, monnaie qui ressemble à des jetons de reconnaissance de valeur. La pratique était si répandue que ces jetons pouvaient se commander par le catalogue de Manufrance.
Ces jetons de monnaie étaient familiers à Saint-Étienne et aujourd’hui, en regardant ou touchant ces jetons, nous avons l’impression d’être en présence de la vie d’un magasin, d’un café, de primeurs, de clientèles. Ne reste que ces jetons, pauvres matières comme le zinc nickelé, jetons qui appuyaient une économie toute locale, comme celle de telle boulangerie, de telle échoppe ; chacune avait sa propre monnaie - sans doute est-il plus juste de parler de jetons, mais les spécialistes nous diront.
Tout cela disparaitra en 1939, avec une nouvelle guerre. Grâce au monde des collectionneuses, des collectionneurs, et des boutiques de collections comme Collection 2000, nous pouvons rêver à ces mondes étranges, de petites voitures qui tournent autour de pièces de monnaie stéphanoises.
Photographies Éric Lerbret.
La Remuante vous a déjà présenté un autre lieu de collection stéphanois : Au Gobelin joueur, surtout pour des cartes de jeu.
La Remuante


